Gertrude Dodart : Pourquoi je démissionne du Conseil Citoyen Paris 18

A l’intention des acteurs de la Politique de la ville, amateurs de citoyenneté et conseillers citoyens parisiens.

Madame, Monsieur,

Après 44 mois d’activité intense dans l’intention d’être constructive au sein du Conseil Citoyen Paris 18, de sa gestation à la création de l’association, de l’organisation de groupes de travail à la prise de parole collective ; dans le cadre des bilans annuels de la Politique de la ville à la mairie du 18ème, à la Préfecture, ou à l’Hôtel de ville de Paris, également lors de réunions inter conseils citoyens parisiennes, ou nationales à Nanterre comme dans différents arrondissements, sans oublier les pourparlers sans fin et sans effets autour du recrutement par Optima d’un animateur accompagnateur, ni la défaillance de nombreux conseillers tirés au sort, nommés ou volontaires, en raison de la complexité des sujets pour les habitants et du temps nécessaire pour les personnes ressources ou pour les associations, j’ai l’honneur de ne plus vouloir participer à cette opération qui relève toujours de l’expérimental 5 ans après le vote de la loi dédiée, 3 ans après la création de notre association CCP18, quelques mois après notre grand débat national, un an après l’orientation de 35 adhérents (20 femmes/15 jeunes) issus de l’association Paris Macadam dont je suis la Directrice.

En effet, sous des augures conviviaux, il ressort finalement que nous sommes inutiles et inefficaces, malgré la dizaine d’heures passée chaque semaine sur des sujets choisis, impartis, imposés, pendant près de 10 mois de l’année, malgré aussi la dizaine de mails, de rapports, de courriers, de demandes verbales adressés aux instances en exercice pour demander respect, informations, précisions, accompagnement quant à nos fonctions. Sans doute en raison de la difficulté de notre mission citoyenne, les tensions sont régulières lors de nos réunions internes ou externes et notre action collective finit par être perçue au mieux comme celle d’une mouche de coche, au pire comme une pantomime, et moi j’y vois l’absence de respect des valeurs de la République au-delà d’un règlement intérieur bien souvent bafoué.

Nous sommes bénévoles sans être des Gilets Jaunes, nous sommes citoyen.ne.s sans être des élu.e.s, personne ne nous renie, mais tous les clignotants sont au rouge, autrement dit nous sommes absents du paysage, nous n’avons d’ailleurs aucun retour communication dans les médias, juste de la courtoisie de part et d’autres, j’adresse un grand merci aux représentant.e.s de la ville et de l’État à ce titre, mais pour certains la courtoisie peut être interprétée comme une manière de duper les amateurs de flagornerie dont je ne fais pas partie.

C’est pourquoi j’ai demandé aux administrateurs de Paris Macadam de prendre le relais, nous verrons s’ils tiendront longtemps.

En vous souhaitant bonne continuation.
Bien cordialement,
Gertrude DODART
Directrice de Paris Macadam

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